Vanuatu met fin aux négociations avec la France

Vanuatu met fin aux négociations avec la France et porte le différend territorial concernant les îles Matthew et Hunter devant la Cour internationale de Justice.

Vanuatu a annoncé la rupture des négociations bilatérales avec la France concernant les îles Matthew et Hunter, objet d’un litige. Le vice-Premier ministre, Johnny Koanapo, a déclaré que toutes les voies diplomatiques avaient été épuisées et que le gouvernement allait désormais saisir la Cour internationale de Justice.

Interrogé par l’émission Pacific Beat de ABC Radio Australia, M. Koanapo a indiqué qu’il n’y aurait plus de discussions bilatérales concernant ces deux îles volcaniques inhabitées, connues à Vanuatu sous les noms d’Umaenupne et d’Umaeneag, situées entre le sud de Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique.

Les deux pays revendiquent la souveraineté sur ces îles, ce qui en fait l’un des plus anciens différends territoriaux du Pacifique.

Bien que petites et inhabitées, ces îles n’en demeurent pas moins un enjeu stratégique majeur, car la souveraineté détermine le contrôle des zones maritimes environnantes, notamment des ressources halieutiques et des fonds marins potentiellement précieux, en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Le désaccord remonte à l’époque coloniale. Sous le condominium franco-britannique qui administrait conjointement les Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu), les îles étaient généralement considérées comme faisant partie intégrante de ce territoire. Cependant, la France les a ensuite rattachées à la Nouvelle-Calédonie avant l’indépendance du Vanuatu en 1980. Depuis, les gouvernements successifs de Port-Vila ont soutenu que ces îles appartenaient au territoire souverain du Vanuatu, tandis que la France a continué de les administrer comme faisant partie de la Nouvelle-Calédonie.

Ce différend a régulièrement tendu les relations entre les deux pays. Au début des années 1980, le Vanuatu a organisé des expéditions pour y planter son drapeau national, mais les patrouilles navales françaises en ont empêché l’accès. Ce différend a également influencé les discussions sur les frontières maritimes dans le Pacifique Sud-Ouest.

Malgré des périodes d’amélioration des relations diplomatiques et l’aide française au développement accordée au Vanuatu ces dernières décennies, la question de la souveraineté n’a jamais été résolue. L’annonce de Koanapo marque un tournant stratégique majeur : Port-Vila privilégie désormais la voie juridique internationale à la poursuite de négociations directes.

Source : https://www.facebook.com/frontlinepacific2025

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